31 octobre 2005
PESTO
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30 octobre 2005
La deuxième route des épices, expéditions, commerce et rivalités
Attirés par le bruit des écus, les hollandais s’accordèrent avec les portugais pour gérer le commerce des épices en Europe du nord. Après la victoire des hollandais sur les espagnols qui avaient envahi leur pays, les hollandais lancent des expéditions dans un premier temps sur les côtes africaines, puis aux Indes. Ils en reviennent avec une cargaison impressionnante : 254 sacs de poivre, 45 tonnes de muscade, 30 ballots de fleur de muscade. Ceci sonne le début de la ruée vers l’Océan Indien et la mainmise hollandaise sur les territoires précédemment conquis par les portugais. Ils y arrivent d’autant plus facilement que les populations indigènes étaient soucieuses de se débarrasser des portugais.
Très vite,ils créèrent la Compagnie Unifiée des Indes Orientales, qui constitue le modèle de ces compagnies coloniales. Elle a le monopole du trafic et de la navigation entre le cap de Bonne Espérance et le détroit de Magellan, son objectif est commercial mais elle a aussi des responsabilités coloniales puisqu’elle peut, au nom de l’état, passer « des contrats dans les Indes avec les naturels du pays ». La Compagnie est souveraine, mais garde des liens étroits avec l’Etat à qui les employés de la Compagnie doivent prêter serment d’allégeance.
Forts de cet appui, ils prennent Colombo, Java, Bornéo, les Célèbes, chassent les portugais des de Ceylan, des Moluques et des îles Banda. Ils finissent par prendre Malacca et se basent à Batavia (Djakarta).
Ils brisent toute tentative étrangère de commerce et protégèrent les cours des épices en limitant les productions dans les îles par l’arrachage de muscadiers et girofliers pour les cantonner dans trois îles : Amboine, Ternate et Banda, par le brûlage des récoltes et l’installation, à la place des indigènes, des colons plus faciles à contrôler.
Les Hollandais ont réussi ce que les portugais, avant eux, n’avaient pu réussir : le contrôle total de la production et du commerce dont Batavia est la clef de voûte et Le Cap, fondé en 1652, un relais stratégique. Les gros commerçants acquièrent la cargaison d’un navire entier ou de tous les navires de la flotte. La vente se fait alors par contrat qui interdit alors à la Compagnie de mettre en vente, pendant un certain délai, d’autres cargaisons de la même denrée afin de ne pas baisser les prix. Parfois aussi, les directeurs de la Compagnie fixent le prix de vente. La vente aux enchères se développe au cours du XVIIème siècle. Les directeurs font parfois partie de syndicats d’acheteurs ; d’où de violents conflits et de manœuvres de monopole.

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29 octobre 2005
Tomates vertes en confiture
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28 octobre 2005
La deuxième route des épices, expéditions, commerce et rivalités
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27 octobre 2005
Blog appétit 5
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26 octobre 2005
La route des épices
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25 octobre 2005
Adenda à l'article sur la péche et les poissons
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24 octobre 2005
La route des épices
L’Océan Indien est un gigantesque carrefour de cultures et de civilisations venant d’Extrême Orient, d’Inde, d’Arabie et d’Afrique. Depuis la plus haute Antiquité, c’est un lieu de rencontres et de confrontations entre des intérêts culturels et commerciaux, des impérialismes, des incursions et migrations de peuples. Elle exporte des clous de girofle, du bois de girofle et bois de santal vers la Chine, l’Ethiopie, la Perse et dans les cinq grands ports poivriers de l’Inde péninsulaire.

A partir du Ier siècle après J-C, en Iran, les Sassanides deviennent les maîtres des échanges avec l’Inde, la Chine et Byzance ; l’Iran Sassanide – région entre l’Iran et le Golfe Persique – est un centre économique et stratégique : Dès le VIIème siècle, et jusqu’à l’arrivée des Portugais, ils créèrent un empire en Inde appuyé sur les comptoirs
- de la côte de Malabar,
- de Serendib (Ceylan),
- des îles Laquedives et Maldives par lesquels se diffusent les plantes et produits tropicaux.
Dans l’Antiquité et au Moyen Age, on brûlait quantité de substances aromatiques. Dans les encens à brûler entraient des plantes poussant en Chine : cannelle, basilic, citronnelle, nard, costus, anis, térébinthe, gardénia et en en Indochine et Indonésie : santal et aloès, benjoin, clous de girofle, ambre gris.
Tous les marchands arabes et persans qui fréquentaient les ports de Canton, Sumatra, Java, Ceylan et des Indes s’approvisionnaient de ces marchandises précieuses ainsi que des épices pour leur propre marché et pour la revente aux pays chrétiens. Ils vendaient en Chine toutes les aromates et épices de l’Asie du Sud-Est. Les épices servaient pour les parfums, comme ajouts culinaires et substances médicinales. C’était un commerce considérable concernant le poivre, la cannelle, le gingembre, les clous de girofle et noix de muscade.

Poivre de Ceylan
Les négociants spécialisés du commerce des épices se nommaient en arabe KARIMI. Ils revendaient leurs marchandises aux commissionnaires d’Europe, surtout de Venise, qui se les procuraient à Alexandrie. Les bénéfices réalisés par cette guilde puissante ne manquèrent pas de susciter la jalousie du gouvernement mamelouk, lequel, se substituant au commerce libre, s’en assura le monopole. C’est donc le Trésor Public égyptien qui fut directement atteint par la découverte du Cap de Bonne Espérance par Vasco de Gama, les portugais livrant alors les épices en Europe à meilleur compte.
Et aussi Venise qui avait une prédilection pour les denrées de luxe, peu volumineuses lesquelles, du fait de leur rareté, permettaient des gains importants. Venise avait dans les ports d’Alexandrie et de Tyr des « fondouks » - quartiers réservés aux marchands étrangers tenus de payer des droits de douane et des bakchichs pour faire rentrer les marchandises achetées. A Alexandrie, Venise achetait les épices et, à Tyr, les produits arrivant par les caravanes de la route de la soie ou des épices, les deux transportant indifféremment ces marchandises. A Tyr, les vénitiens chargeaient surtout des épices : rhubarbe, musc du Tibet, poivre, cannelle, noix de muscade, clous de girofle, camphre, aloès, encens, dattes de Libye, santal, gomme, baume…
Les commerçants vénitiens et génois étaient les intermédiaires des Arabes auprès des villes du nord de l’Europe, en particulier les villes hanséatiques. Comme nous l’apprenons par le récit d’un marchand juif d’Ancône commerçant avec la Chine quelques années avant Marco Polo. Récit très intéressant puisqu’il concerne le monde du réseau marchand juif du Moyen Age : cet homme rapporte du poivre, du gingembre, de la cannelle, de la Muscade, des clous de girofle, du safran et de la rhubarbe de Quanzhou. C’était le port le plus important pour le commerce avec l’Extrême Orient. Il importait du poivre de l’Inde, de la girofle des Moluques et de la cardamome du Cambodge. Le voyage aller durait huit mois en profitant de la mousson et autant au retour.
Au XIIIème siècle, les échanges entre ces deux foyers de l’économie européenne : Pays-Bas et Italie se faisaient par le biais des foires de Champagne à mi-chemin des deux pays.
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22 octobre 2005
La route des épices
Les Routes se mettent en place
Contrairement aux Grecs, les Egyptiens étaient de grands consommateurs d’épices et d’aromates, notamment pour l’embaumement des morts. Il existait donc une autre route maritime, celle-ci, venant de l’ouest de la mer d’Oman et du golfe Persique. Elle allait au mythique pays de Pount et sur l’île des Aromates chercher le cinnamome, la myrrhe et l’encens et revenait en Méditerranée par le canal de Suez creusé par les pharaons de la XIIème dynastie : long de 150 Km, large de 25 à 30m, profond de 3 m. Il fut abandonné à l’époque musulmane, à cause du coût et de la difficulté de l’entretien.
Le grand commerce avec les pays de l’Orient, caractéristique de la civilisation hellénistique, devait se poursuivre et même s’intensifier durant l’Empire Romain. Venaient d’Asie Centrale, d’Inde et même de Chine des soieries, des étoffes de coton, des épices, des parfums et des pierres précieuses.
Vers la fin du Ier siècle avant J-C, période qui fut celle d’un grand développement politique et économique pour l’Empire romain, se mit en place un commerce actif par terre et par mer avec les pays riverains de la Méditerranéenne, de la Mer Noire, de la Mer Rouge, avec les royaumes d’Arabie et du Caucase, avec la Perse, l’Inde et Ceylan et même la Chine. Le poivre et d’autres épices étaient très demandés par les romains pour leur cuisine ainsi que le montre les recettes d’Apicius, mais aussi comme monnaie d’échange : Alaric, entrant dans Rome, exigea parmi d’autres présents 3000 livres de poivre (valeur 1 230 000 francs)

Une caravane de marchands sur la route terrestre entre la Chine et la Méditérranée.
Le commerce par voie maritime se développa considérablement par la Mer Rouge et le Golfe Persique.
Cette route est complétée par un itinéraire terrestre amenant les marchandises d’Inde du nord en Iran en passant par le Cachemire. D’autre part, les denrées sont acheminées également par des pistes caravanières reliant l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak, la Méditerranée orientale. Ces caravanes qui comprenaient des milliers de personnes faisaient halte dans les villes dans les caravansérails, véritables complexes qui permettaient aux voyageurs et à leurs bêtes de se reposer, de se restaurer, de vendre aussi générant autour de multiples professions et beaucoup de valeur marchande. Tout le long de la route des épices se créait un réseau économique important qui favorisait les échanges de produits mais aussi de personnes et de cultures. C’était la même chose dans les ports autour des négociants et des marchands qui avaient besoin de multiples sous-traitants pour mener à bien leurs affaires.
Deux routes sont alors tracées:
ØCelle de l’or et des aromates partant de la Mer Rouge qui contourne la corne de l’Afrique, longe les côtes jusqu’aux îles de Pembar et Zanzibar – centre mondial de production de clous de girofle.
ØCelle des épices vers l’Inde racontée par le Périple de Ptolémée part de Muza, à côté d’Aden, jusqu’à Cané, où elle se divisait en deux :
à L’une, directe via l’île de Socotra vers les comptoirs indiens et les ports de l’Océan indien.
à L’autre allait jusqu’à l’embouchure de l’Indus, puis cabotait par Barygaza, la Côte de Malabar, le Cap Comorin, la Côte de Coromandel jusqu’à l’embouchure du Gange.

Apicius : vin merveilleux aux épices (Art Culinaire, livre I, le cuisinier diligent)
On met 15 livres de miel dans un récipient de bronze où on aura préalablement versé 2 setiers de vin. De façon à réduire le vin en faisant cuire le miel, on chauffe doucement sur un feu de bois sec en agitant avec une spatule pendant la cuisson. Si cela se mettait à bouillir, on arrête en arrosant de vin. Mais le liquide retombe aussi quand on le retire du feu. Quand il a refroidi, on le remet au feu, on procède ainsi une 2ème et une 3ème fois, on retire enfin du feu et on écume le lendemain. On ajoute alors 4 onces de poivre pilé, 3 scripules de mastic, 1 drachme de feuilles de nard, 1 drachme de safran, 5 noyaux de dattes torréfiés avec les dattes ramollies dans du vin. On arrose d’abord de vin de qualité et en quantité convenable pour adoucir le mélange. Ceci fait, on verse sur le tout 8 setiers de vin doux.
Le sripule = 24° partie de l’once qui pèse à peu près 30 gr
Une drachme = 3 gr environ
Un setier équivaut à deux cyathes = une coupe à boire.
Un livre = 327 gr chez les romains.
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